En 2023, plus de 40 % des incidents de sécurité informatique dans les entreprises ont impliqué des services cloud, selon l’Agence européenne pour la cybersécurité. Les attaques de type « cloud jacking » et les violations de données non chiffrées progressent, malgré la multiplication des audits et certifications.
Certains protocoles de sécurité traditionnels, efficaces en réseau interne, présentent des failles inattendues une fois transposés dans un environnement cloud. Pourtant, l’automatisation des sauvegardes et la gestion centralisée des accès offrent des leviers de défense inédits. Adopter une stratégie adaptée implique de repenser la gestion des identités, la surveillance des activités et la formation continue des équipes.
Le cloud, un atout incontournable mais pas sans failles pour les entreprises
Les entreprises, qu’elles soient PME dynamiques ou groupes internationaux, s’appuient sur le cloud computing pour transformer leur façon de travailler. Objectif : agilité, maîtrise des budgets, accélération de la digitalisation. Les grands noms du secteur, AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, OVH, rivalisent d’offres personnalisées, du IaaS au PaaS en passant par le SaaS. Héberger des applications stratégiques et des informations sensibles dans ces environnements cloud est devenu courant. Mais croire que la sécurité va de soi serait une erreur.
Le principe du modèle de responsabilité partagée a gagné du terrain. Le fournisseur cloud garantit la sécurité de l’infrastructure as a service et de la base matérielle, tandis que l’entreprise garde la main sur la gestion des accès, la configuration, le contrôle des applications. Cette répartition, parfois mal comprise, multiplie les erreurs de paramétrage et expose davantage les données aux regards indiscrets.
D’autres défis s’ajoutent : comptes à privilèges qui se multiplient, interfaces API en expansion, outils hétérogènes, inventaire incomplet des ressources. L’entreprise doit mettre en place une surveillance de tous les instants, affiner la gestion des identités, recourir à l’analyse comportementale. Impossible non plus d’ignorer la conformité réglementaire : RGPD, ISO 27001, SOC 2 deviennent des passages obligés.
Finalement, le bénéfice du cloud dépend de la discipline mise dans son exploitation. Automatisation, centralisation des droits et montée en compétence des équipes forment un bouclier face aux erreurs humaines et aux attaques sophistiquées.
Quelles sont les menaces les plus courantes qui pèsent sur la sécurité du cloud ?
La surface d’attaque d’un environnement cloud s’étend sans cesse, portée par la diversité des outils et la rapidité de déploiement. Les menaces sécurité cloud s’immiscent à tous les niveaux de l’architecture, des applications aux bases de données hébergées.
Premier danger : la mauvaise configuration des ressources. Prenons l’exemple d’un bucket de stockage laissé en libre accès ou d’une API non sécurisée. La voie est ouverte aux intrusions. Les rapports du secteur placent ce manquement en tête des principales menaces sécurité dans le cloud, tous clients confondus.
Autre point de fragilité : la gestion des identités et des droits. Une attribution imprécise des privilèges, la prolifération des comptes à accès étendu ou l’absence d’une authentification solide simplifient la tâche des attaquants. Les menaces persistantes avancées savent exploiter ces failles pour s’installer durablement, siphonner les données, se déplacer d’un service à l’autre.
La multiplication des terminaux, conséquence directe du BYOD et du Shadow IT, accroît la complexité du contrôle. Quand des solutions non approuvées circulent dans l’ombre des équipes sûreté informatique, la cartographie des risques devient floue.
Enfin, les attaques par déni de service (DDoS) frappent fort, saturant les infrastructures et privant d’accès aux données et applications cloud. Les logiciels malveillants profitent des fichiers partagés ou des intégrations tierces pour se propager à grande vitesse.
Zoom sur les risques spécifiques à l’usage professionnel du cloud
Pour les organisations, le cloud computing bouleverse la gestion des ressources et des applications. Mais cette ouverture expose à une série de risques sécurité cloud complexes à maîtriser. La perte de contrôle sur les environnements cloud se manifeste à plusieurs niveaux.
Voici les principaux défis à surveiller de près :
- La question de la conformité aux réglementations (RGPD, ISO 27001, HIPAA, SOC 2) ne laisse aucune place à l’approximation. La moindre faille, qu’elle soit involontaire ou non, expose à des sanctions financières et à une atteinte à la réputation. Naviguer entre les exigences locales et internationales demande une vigilance constante.
- La gestion des ressources tierces soulève des enjeux de protection des données et de confidentialité. L’interconnexion avec des prestataires ou partenaires extérieurs multiplie les points d’entrée et fragilise la chaîne d’approvisionnement.
- Le risque de non-conformité se glisse partout. Un paramétrage oublié, un partage inapproprié ou une mauvaise gestion du cycle de vie des données, et c’est la porte ouverte aux fuites ou à la perte d’informations décisives.
Les ressources cloud, par nature mutualisées, rendent la délimitation des responsabilités plus complexe. Le modèle de responsabilité partagée adopté par les grands fournisseurs (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, OVH) contraint chaque entreprise à définir précisément son périmètre de gestion. Enfin, une intégration mal maîtrisée entre systèmes internes et solutions cloud multiplie les interfaces, élargit la surface d’attaque et complique la détection des signaux faibles.
Bonnes pratiques et solutions accessibles pour renforcer la sécurité au quotidien
Avec la généralisation des architectures hybrides et multi-cloud, la gestion des identités devient un pilier central de la sécurité informatique. Érigez plusieurs niveaux de protection : l’authentification multifactorielle (MFA) s’est imposée comme une parade efficace contre le vol de comptes. Les principaux fournisseurs (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, OVH) proposent aujourd’hui des intégrations natives pour le MFA, simples à mettre en place et redoutables pour bloquer les accès non autorisés.
La stratégie de sécurité cloud va bien au-delà de la gestion des accès. Chiffrez systématiquement les données au repos et en transit. Les outils de Data Loss Prevention (DLP) et de Cloud Access Security Broker (CASB) permettent de surveiller finement les activités. Ils détectent les comportements suspects, bloquent les tentatives d’exfiltration de données et aident à respecter les obligations de conformité.
Pour une surveillance continue, des solutions comme Datto RMM ou Kaseya 365 Endpoint apportent une réponse concrète. Couplées à l’expertise des Managed Services Providers (MSP), elles automatisent la gestion des vulnérabilités et des correctifs (patch management). L’intégration d’outils comme KernelCare sur les serveurs limite la fenêtre d’exposition aux attaques Zero Day.
Voici les réflexes à adopter pour renforcer la sécurité :
- Mettez en place des plans de sauvegarde solides (Acronis, Datto BCDR) afin d’assurer la disponibilité des données en toutes circonstances.
- Formalisez l’ensemble de la documentation et de la conformité avec des outils comme IT Glue ou Autotask PSA.
- Procédez à des vérifications régulières de la posture de sécurité grâce à des audits automatisés et à des tests de vulnérabilité.
La logique Zero Trust s’impose peu à peu : aucun périphérique, aucun utilisateur n’est présumé fiable, même à l’intérieur du cloud de l’entreprise. Droits d’accès limités, révision fréquente des autorisations, sensibilisation continue des collaborateurs : la vigilance devient permanente.
La sécurité du cloud ne relève ni du hasard, ni d’une simple case à cocher. Face à la créativité des attaquants, chaque choix de configuration, chaque politique d’accès, chaque action de formation compte. L’équilibre est précaire, mais c’est aussi ce qui rend la défense passionnante : rester un cran devant, toujours.


