Aux origines de Windows, l’ancêtre du système Microsoft

Oubliez la nostalgie des interfaces colorées ou la simple évocation d’un logo iconique : derrière chaque clic sur Windows, il y a toute une histoire, faite de lignes de commande, de paris technologiques et d’ingéniosité. Avant de devenir le système graphique que des millions de personnes utilisent chaque jour, Windows s’est construit sur des fondations bien plus brutes.

Bien avant que les fenêtres ne s’ouvrent au gré d’un mouvement de souris, Microsoft s’était déjà positionné sur le marché des systèmes d’exploitation avec MS-DOS. Dès 1981, ce système dépouillé, tout en lignes blanches sur écran noir, s’impose comme la porte d’entrée incontournable pour démarrer un PC. MS-DOS, c’était la règle du clavier et la chasse aux commandes, réservé à ceux qui maîtrisaient un minimum de langage informatique. C’est sur cette base que Windows poussera ses premiers boutons, en apportant un visage graphique à un univers resté longtemps réservé aux initiés.

Les débuts de Microsoft et la genèse de Windows

1975. Bill Gates et Paul Allen lancent Microsoft, bien loin encore du géant mondial qu’il deviendra. Leur premier coup de maître : reprendre un système d’exploitation, QDOS, pour l’adapter aux besoins d’IBM. Rebaptisé MS-DOS, il devient la colonne vertébrale de millions de machines. Cette alliance avec IBM propulse Microsoft sur le devant de la scène. Très vite, MS-DOS s’impose, et c’est sur ce socle que Windows va s’édifier, brique après brique.

MS-DOS : une base solide pour Windows

MS-DOS n’a rien d’accueillant. Son interface est austère, textuelle, et il faut connaître ses commandes sur le bout des doigts pour naviguer ou lancer des applications. Malgré ce visage peu engageant, le système s’impose dans les années 1980, notamment grâce à un partenariat exclusif avec IBM sur les premiers PC. Mais ce choix technique freine l’accès à l’informatique pour une grande partie du public, peu familier avec ce genre d’environnement.

Vers une interface enfin accessible

La demande grandit pour une informatique plus intuitive. Microsoft entend l’appel et lance Windows 1.0 en 1985. La nouveauté : une interface graphique, des fenêtres que l’on peut déplacer, et la possibilité de jongler entre plusieurs tâches. Limitée, certes, mais c’est un changement de paradigme. Pour la première fois, la souris prend le pouvoir, le texte laisse place aux icônes, et l’informatique s’ouvre à une population bien plus large.

Des versions majeures qui changent la donne

Au fil des années, Windows se décline en plusieurs versions, chacune marquant une étape dans la démocratisation de l’informatique personnelle :

  • Windows 2.0 (1987) : l’interface s’enrichit, les raccourcis clavier font leur apparition.
  • Windows 3.0 (1990) : l’utilisateur gagne en confort, la gestion de la mémoire devient plus souple.
  • Windows 95 (1995) : la barre des tâches et le menu Démarrer font leur entrée, bouleversant la façon de naviguer sur un PC.

Ce passage de MS-DOS à Windows n’a rien d’anodin : il redéfinit les usages, anticipe les besoins, et propulse Microsoft au sommet de l’industrie informatique.

MS-DOS, le système qui a tout déclenché

MS-DOS, pour Microsoft Disk Operating System, débarque en 1981 après que Microsoft ait racheté QDOS à Seattle Computer Products. Très vite, il devient la référence sur les PC compatibles IBM. Comment ? Grâce à sa souplesse : une architecture ouverte, où chacun peut développer ses propres logiciels. Cette ouverture attire les développeurs, qui créent une myriade d’applications, de jeux et d’utilitaires, rendant MS-DOS incontournable.

Ce qui a fait la force de MS-DOS

MS-DOS fonctionne sans fioriture graphique, uniquement en mode texte. Ce choix technique impose une certaine discipline, mais offre aussi des possibilités variées. Voici ce qui a contribué à son succès :

  • Gestion de fichiers : créer, supprimer, déplacer ou copier des fichiers se fait en tapant quelques commandes, une méthode directe mais exigeante.
  • Compatibilité matérielle : MS-DOS sait s’adapter à tous types de matériels, ce qui facilite son adoption sur des machines très différentes.
  • Automatisation : grâce aux fichiers batch (.bat), l’utilisateur peut automatiser des tâches répétitives et gagner en efficacité.

MS-DOS, tremplin vers Windows

MS-DOS n’est pas seulement un système autonome : il sera la rampe de lancement pour les premières versions de Windows. Windows 1.0 se greffe dessus en 1985, ajoutant une interface graphique qui vient cohabiter avec les commandes traditionnelles. Cette coexistence perdurera jusqu’à Windows ME, sorti en 2000, dernière version à reposer sur le moteur MS-DOS. À partir de là, Microsoft choisira de développer une architecture propre, rompant définitivement avec les origines textuelles du PC.

MS-DOS, avec sa robustesse et sa simplicité, a permis à Microsoft de s’imposer, tout en préparant le terrain pour les bouleversements à venir.

Quand Windows prend son envol

Début 1985, Microsoft veut franchir un cap. Windows 1.0 voit le jour : c’est la première fois que l’utilisateur peut ouvrir plusieurs applications en même temps, passer de l’une à l’autre d’un simple clic, et manipuler des fenêtres qui se superposent. La souris s’invite dans le quotidien, les icônes remplacent les lignes de commande, et l’ordinateur devient nettement plus accessible.

Ce que Windows 1.0 a apporté

Les nouveautés de Windows 1.0 sont loin d’être anodines. On retrouve notamment :

  • Une interface graphique : l’utilisateur navigue désormais entre des menus déroulants et des icônes, sans passer par le clavier à chaque action.
  • Le multitâche : même limité, il permet d’ouvrir plusieurs applications simultanément, un vrai changement pour l’époque.
  • Des applications embarquées : des outils comme Notepad, Calculator ou Paint sont déjà inclus, offrant un panel de services dès l’installation.

Tout n’est pas parfait : lenteur, gourmandise en mémoire, critiques virulentes… Mais la dynamique est lancée. Windows 1.0 pose la première pierre d’une interface qui va s’affiner, évoluer, jusqu’à devenir le standard mondial.

Le passage à Windows 2.0

En 1987, Microsoft accélère la cadence avec Windows 2.0. Les fenêtres se chevauchent, la gestion de la mémoire s’améliore, la compatibilité gagne en souplesse. Cette version séduit davantage de constructeurs et d’utilisateurs, posant les bases d’un succès commercial qui ne fera que s’amplifier au fil des années.

système d exploitation

Windows : une évolution accélérée

Quand Windows 3.0 sort en 1990, Microsoft réalise un bond en avant. L’interface graphique s’affine, la gestion de la mémoire progresse, et la popularité du système explose, aussi bien auprès des entreprises que des particuliers. La démocratisation du PC domestique prend alors un nouvel élan.

Windows 95 : le grand bouleversement

En 1995, arrive Windows 95. La rupture est nette : l’apparition du menu Démarrer, de la barre des tâches, des noms de fichiers longs, tout change. L’accès à Internet devient plus simple grâce à l’intégration de la pile TCP/IP. Les utilisateurs découvrent une interface pensée pour répondre aux besoins du quotidien, marquant une nouvelle ère dans l’histoire de l’informatique personnelle.

Windows XP : la stabilité avant tout

Lancé en 2001, Windows XP concentre la fiabilité de Windows NT et la convivialité des précédentes versions destinées au grand public. Sa stabilité et sa sécurité en font la référence, tant chez les particuliers que dans les entreprises. L’interface Luna, colorée et arrondie, dépoussière la présentation du bureau et séduit des générations d’utilisateurs.

Windows 7 et ses héritiers

Arrivé en 2009, Windows 7 continue d’améliorer l’expérience utilisateur : performances accrues, meilleure compatibilité, interface intuitive. Cette version rencontre un succès durable. En 2012, Windows 8 tente d’unifier PC et tablettes avec l’interface Metro, mais l’accueil reste mitigé. Les habitudes ont la vie dure.

Windows 10 : un système pour tous les usages

En 2015, Microsoft opte pour un système plus flexible et évolutif. Windows 10 intègre des nouveautés comme Cortana, l’assistant vocal, et Microsoft Edge, le nouveau navigateur. Les mises à jour deviennent fréquentes, et l’interface s’adapte aussi bien à l’ordinateur qu’à la tablette ou au smartphone. Windows 10 se positionne ainsi comme un système unique, capable de répondre à des usages multiples et de s’ajuster aux évolutions technologiques.

L’histoire de Windows, c’est celle d’une ascension imprévisible, où chaque version a contribué à transformer la relation entre l’homme et la machine. Aujourd’hui, difficile d’imaginer le monde numérique sans ces fenêtres ouvertes sur l’innovation.

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